La question des animaux abandonnés est centrale lorsqu’on s’intéresse de près, ou de loin, à la protection animale. Que peut-on faire pour soulager, accompagner ou aider les structures accueillantes ? La famille d’accueil est une alternative dont on parle assez peu. Pourtant elle représente un engagement solidaire fort qui permet de façon efficace les adoptions d’animaux - chiens, chats, NAC - qui se retrouvent noyés dans un flot toujours trop important de congénères qui ont besoin de retrouver une vie normale. L’épisode COVID-19 a accentué, de façon irrationnelle, le nombre d’abandons en SPA et refuges habilités. Nous sommes engagés depuis des années dans la protection animale. Il nous semble naturel de mettre en avant une belle initiative pour nos amis les animaux de compagnie.

Avant toute chose : à quoi vous engage le statut de famille d’accueil ?

Plusieurs points de vigilance sont à prendre en considération avant de se proposer en tant que famille d’accueil. Au-delà de votre envie d’aider les animaux en détresse il est important de s’assurer que vous remplissez toutes les conditions requises. Il est donc inutile de mentir sur votre véritable situation sous peine de vivre une expérience détestable.

L’environnement de vie

Une environnement d’accueil adapté à l’espèce que vous souhaitez accueillir est primordial. Par exemple la présence d’un jardin de taille suffisante et clôturé peut être un atout non négligeable pour devenir une bonne famille d’accueil pour un chien. Avoir sur place des jouets, des accessoires et du matériel prêts à apporter tout le confort nécessaire à l’animal accueilli : bac à litière pour chat, balle, laisse, cage, etc.

L’investissement Temps

On le sous-estime parfois mais il est certain que devenir une famille accueillante vous engage à accorder à votre petit protégé une quantité de temps suffisante pour lui apporter la dose d’exercice et d’activité indispensable à son épanouissement. Certes il ne vous appartient pas mais ses besoins sont toujours présents. Ne cédez pas au caprice et vérifiez bien que votre emploi du temps coïncide avec cet engagement.

L’humilité est votre meilleure arme

Gardez en tête qu’il y a de grandes chances que l’animal que vous allez recueillir chez vous pendant quelques semaines a probablement développé des troubles comportementaux consécutifs à sa vie passée : maltraitance, abandon, désocialisation principalement. Cela risque inévitablement de compliquer la relation que vous pourriez nouer avec lui. Adoptez une attitude humble et pleine de patience pour accompagner au mieux l’animal que vous avez décidé d’accueillir à votre domicile.

Etre famille d’accueil ça sert à quoi ?

Les structures de la SPA (Société Protectrice des Animaux) et les refuges associatifs, engagés dans un combat identique, se retrouvent souvent surchargés par un manque de places d’accueil. Elles n’ont pas plus le personnel nécessaire pour s’occuper de façon personnalisée de tous les animaux en détresse qui passent par chez eux. Ce manque de moyens matériels et humains conduit à d’innombrables adoptions ratées pour des chiens, chats et NAC qui ne sont pas encadrés comme il le faudrait. Devenir une famille d’accueil constitue une belle aventure puisque votre action sauve 2 vies : celle de l’animal recueilli que vous préparez à son retour dans un foyer aimant ; et celle d’un autre abandonné qui peut être pris en charge par la structure grâce à la place que vous avez libéré. C’est un geste solidaire et engagé envers le Vivant où seuls votre amour, votre temps et votre amour sont requis pour transformer un échec en réussite.

Quelles démarches pour devenir famille d’accueil pour un animal de refuge ?

En premier lieu vous devez vous rapprocher d’une association de protection des animaux. Soit une rattachée directement à la SPA, soit un refuge associatif. De préférence commencez par une structure proche de chez vous. La proximité peut constituer un facteur facilitant votre sélection, pour les visites de contrôle notamment. Ayez une idée précise du type d’animal que vous désirez accueillir. Evidemment les critères évoqués plus haut doivent être passés au crible pour vous assurer de vous imposer comme profil incontournable et adapté. Puis échangez avec les dirigeants de l’association de protection animale pour savoir quels profils ils privilégient dans leur placement en famille d’accueil. Certaines structures vont orienter les vieux animaux, ceux qui présentent de grosses difficultés face à la vie en refuge, ceux qui nécessitent des soins réguliers. Enfin, très important, choisissez avec minutie l’association par laquelle vous allez passer. Malheureusement c’est triste à dire mais toutes les entités associatives autour de la protection animale ne se valent pas. Votre démarche est personnelle et doit vous ressembler. Si vous ne partagez pas les valeurs de la présidence ou encore sa façon de prendre en charge les animaux, tournez-vous vers un refuge avec lequel vous vous sentez en confiance. Internet et les personnes du secteur géographique sont de bonnes sources d’informations préalables. Le cas échéant n’hésitez pas à parcourir les nombreux forums spécialisés, à suivre des groupes Facebook et à faire appel aux différents réseaux de familles d’accueil qui existent sûrement dans votre région. Cela peut simplifier les choses. Le site Rescue est un exemple à suivre dans le domaine car il simplifie la mise en contact entre les futurs accueillants et les associations en recherche active.

Quels frais sont à la charge des adoptants ?

Il faut avouer que sur ce point la prise est très inégale. Comme tout acte bénévole une famille d’accueil s’engage sur le principe sur un don de temps, d’amour et d’un environnement en adéquation avec les besoins de l’animal. Cependant il est possible qu’elle doive mettre la main à la poche.Certaines associations protectrices des animaux payent les soins vétérinaires et la nourriture. D’autres, faute de moyens financiers, ne peuvent pas régler les frais liés aux repas. Lors de la mise à disposition de l’animal les termes du contrat sont normalement définis avec précision afin d’éviter toute incompréhension. Même si une famille d’accueil se retrouve à payer la ration quotidienne du petit chanceux, elle regrette rarement de le faire. C’est une expérience formidable qui représente un authentique soutien tant pour les animaux en souffrance que les refuges qui recueillent les naufragés de vies brisées par la bêtise humaine. Certains accueillants arrivent à n’en tirer que la moelle positive de la belle action qu’ils ont mené. D’autres vivent le départ de leurs protégés comme une joie immense d’une peine qui l’est tout autant. Lorsque cette séparation est trop lourde les derniers, plus nombreux qu’on l’imagine, finissent par ouvrir définitivement leurs maisons à celui qu’ils ont voulu aider.

Si vous réunissez toutes les qualités humaines et matérielles n’hésitez pas à devenir famille d’accueil. Vous ne le regretterez jamais !