Les chiens font partie des animaux de compagnie les plus présents dans nos foyers. Ils sont devenus des membres à part entière de nos familles, bien loin de leurs rôles très fonctionnelles qu’ils pouvaient avoir dans le passé : chien de garde, de sécurité ou de troupeau par exemple. Ils sont désormais beaucoup plus présents dans nos maisons. Il est donc indispensable de fixer quelques règles de base pour que la cohabitation se passe bien.

L’apprentissage de la propreté

Cela peut paraître une évidence pour une majorité de propriétaires. Pourtant il est incontournable que votre compagnon à quatre pattes acquiert rapidement la notion de propreté dans le lieu d’habitation qu’il partage avec vous. Le territoire est l’une des prérogatives principales des canidés, avec la reproduction et la nourriture. Les enjeux de l’apprentissage de la propreté vont bien au-delà d’une simple question d’hygiène où Rex a fait pipi sur le tapis du salon et que ça sent mauvais. C’est la règle numéro un à respecter pour une cohabitation harmonieuse. Vous êtes celui qui maîtrise le territoire. Il n’est donc pas nécessaire de le marquer. Cela permet d’éviter certaines dérives comportementales qui peuvent s’exprimer par une agressivité / anxiété parfois très désagréable avec risque de morsure ou de destruction. Privilégiez un apprentissage en douceur en renforçant positivement lorsque votre boule de poils fait ses besoins à l’extérieur. En liberté dans le jardin ou en laisse en centre-ville, le mécanisme est identique. Votre chien est propre en dehors de la maison, vous le récompensez chaleureusement. Il doit assimiler le concept que faire ses besoins dehors est une action plaisante. Il a fait à l’intérieur ? Ignorez son action. Incitez-le à aller à l’extérieur. Nettoyez sans qu’il le voit. Surtout en phase d’apprentissage. Motivez-le avec tout ce qu’il aime : friandise, jouet préféré, morceau de fromage ou encore gros câlin.

L’apprentissage du “Assis”

Il y a plusieurs raisons importantes à ce que votre chien apprenne la directive “Assis”. Faire l’animation dans les repas de famille n’en est pas une. Dans le langage canin la position assise est une posture qui exprime différentes choses selon la situation. Elle peut être considérée comme un signal d’apaisement pour un congénère de passage, ce qui évite bien des conflits. Le “Assis” est aussi une façon d’exprimer un arrêt de jeu ou d’une phase d’interaction. D’autant plus si votre chien le fait en tournant le dos à la source de stimulation. En tant que propriétaire vous utilisez à votre avantage un code canin primordial. Lui apprendre à s’asseoir c’est s’offrir le moyen respectueux : de le faire se calmer lorsque le niveau d’excitation est trop haut ; de lui offrir une porte de sortie comportementale en cas de situation anxiogène ; de l’aider à se concentrer sur vous en phase d’apprentissage ou de promenade. Plus vite vous lui apprenez, plus vite votre chien prend l’habitude de vous écouter. On capte d’abord son attention en l’interpelant avec son nom, on pose la directive avec un mot simple, on associe un geste éventuellement. Il est possible d’aider son compagnon à s’asseoir en jouant avec son centre de gravité (inutile de lui appuyer pas sur le train arrière). Lorsqu’il est assis on le récompense chaleureusement. L’action est à répéter jusqu’à acquisition totale.

L’apprentissage des auto contrôles

Qu’est-ce que ce nom barbare ? En quelques mots simples il s’agit de l’apprentissage de la gestion de l’excitation, sous toutes ses formes et pour toutes les situations : au moment du repas, en cas de frustration (descendre du canapé par exemple), en cas d’anxiété plus ou moins sévère ou lorsqu’un jeu monte progressivement en épingle. Et non. Ca n’arrive pas qu’aux enfants. Nous allons nous focaliser sur l’auto contrôle autour de la nourriture. Vous vous souvenez que celle-ci fait partie d’une des 3 prérogatives vitales du chien. C’est pourquoi il est indispensable que votre fidèle compagnon apprenne à gérer ses émotions au moment du repas. Vous êtes celui qui gère la ressource alimentaire. C’est une règle qu’il a besoin d’acquérir pour éviter tout conflit futur. En parallèle cela lui permet d’apprendre à réguler son homéostasie. Quesaco ? L’auto régulation naturelle de ses émotions. Un tel apprentissage est la garantie d’un chien bien dans ses pattes qui sait respecter des limites établies. Une des meilleures méthodes est de mettre son animal en position “Assis” et d’attendre qu’il soit calme pour lui donner sa gamelle. Au fil de l’apprentissage on monte en difficulté en posant la nourriture devant son chien en le faisant patienter jusqu’à ce que la directive soit donnée. Il est possible de le décliner en jeu avec des friandises en stimulant sa frustration.

L’apprentissage de la marche en laisse

Souvent une galère pour beaucoup de propriétaires qui se font littéralement promener par leur chien. On finit par donner des “coups de sonnette” qui transforme une balade amicale en rapport de force frustrant. La marche en laisse est un savoir précieux puisqu’il permet d’emmener son compagnon un peu partout et de le gérer en cas de situation anxiogène ou hyper stimulante. Elle repose sur 2 mécanismes fondamentaux : la fixation et le déplacement en commun. L’un ne fonctionne pas sans l’autre. La fixation consiste à inciter son animal à se focaliser sur vous qui tenez la laisse. Il est ainsi concentré sur votre déplacement et se retrouve beaucoup moins happé par les stimuli environnants. Le déplacement en commun est une synchronisation entre vos mouvements et celui de votre compagnon. Vous êtes bien entendu à l’initiative de ce déplacement synchronisé. Si la situation est sans danger il est bon aussi de laisser parfois son chien vivre sa vie pour renforcer la collaboration. Marcher en laisse ne veut pas dire lui empêcher de renifler et de rentrer en contact avec son environnement. L’apprentissage se déroule en plusieurs temps : travail sur la fixation en félicitant chaque échange de regards ; travail sur la posture ; travail sur le positionnement (à gauche) ; travail sur le déplacement en commun. Un bon apprentissage de la marche en laisse est un prérequis vers l’acquisition du rappel. Les 5 règles de base expliquées dans cet article ne sont pas destinées à faire de votre animal une bête de cirque ou un chien télécommandé. Elles contribuent à créer un climat serein et respectueux pour une collaboration pérenne, nécessaire à son bien-être et à son développement émotionnel.

L’apprentissage du “Rapporte”

“Rapporte”, “Ramène la balle” ou “Va chercher” reposent sur des mécanismes d’apprentissage semblables. A quoi ça sert véritablement ? C’est une question légitime. Surtout que dans pas mal de cas ça se fait tout seul puisque inscrit dans une phase de jeu entre votre chien et vous-même (ou toute personne qui veut bien lancer la balle). Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi il apprenait ça si facilement ? Premièrement c’est un moment plaisant pour votre compagnon. Deuxièment c’est un moment qu’il partage avec vous. L’apprentissage du “Ramène la balle” est donc une occasion incroyablement naturelle de renforcer les liens que vous entretenez avec votre animal préféré. Il prend plaisir à vous faire plaisir. C’est le principe même de la collaboration à la base de tout apprentissage positif. Les répercussions sont nombreuses dont notamment le renforcement des auto contrôles et d’autres directives basiques comme le “Assis”. C’est aussi un moment d’interaction où le chien est focalisé sur vous. Enfin c’est un premier stade vers l’acquisition du rappel. Choisissez donc son jouet préféré. Stimulez votre boule de poils en faisant monter l’excitation. Jetez-lui la balle une fois bien concentré sur vous. Récompensez-le lorsqu’il dépose la balle à vos pieds ou dans votre main. Répétez jusqu’à acquisition de la directive. Vous pouvez varier la difficulté en vous cachant par exemple.