Les rongeurs et les lagomorphes, comme la plupart des petits mammifères, ont une respiration nasale obligatoire et ne savent pas respirer par la bouche. Il va donc de soi qu’une maladie respiratoire peut donc prendre une tournure inquiétante chez ces petits êtres qui peuvent rapidement développer des symptômes graves. Propriétaires de lapins et de petits rongeurs, apprenez donc à reconnaître les signes alertant d’une possible infection respiratoire chez votre compagnon et à adopter les bons gestes !

Les principales affections respiratoires chez les rongeurs

La bordetellose

Liée à la bactérie « bordetella bronchiseptica », la bordetellose est une infection broncho-pneumonique grave, qui provoque une toux importante et entrave la respiration. Fréquente chez les chiens, elle l’est également chez les cobayes, les chinchillas ainsi que les rats. Généralement traitée par antibiotiques, cette maladie doit être prise au sérieux car elle peut être létale pour votre animal. Notons que le lapin peut facilement transmettre cette maladie aux cobayes lorsqu’ils sont mis en contact : il est donc préférable d’éviter la cohabitation de ces deux animaux.

La pasteurellose

La pasteurellose, liée à la bactérie « pasteurella multocida », est le nom scientifique désignant la pneumonie du hamster et du cobaye, mais peut également infecter les lapins et les chinchillas. On la nomme d’ailleurs également « coryza du lapin ». Elle se manifeste par une fatigue intense, des difficultés respiratoires importantes, un écoulement nasal et une conjonctivite. Dans de plus rares cas, elle provoque des abcès cutanés voir même une méningite. La principale difficulté avec cette infection est que le risque de récidive est important, pouvant alors conduire à une chronicisation de la maladie face à laquelle seul un traitement antibiotique est efficace.

La mycoplasmose

Propre au rat et à la souris, cette maladie est fréquente et se caractérise par une gêne respiratoire, un écoulement nasal et/ou oculaire de pus ou de sang, ainsi qu’une perte de poids. Non traitée, cette affection conduit rapidement le rongeur à la mort. Néanmoins, les traitements antibiotiques utilisés dans cette maladie ne sont pas totalement efficaces et le risque de récidive est important.

Le coryza

Le coryza, également appelé « rhume des chats » car courant chez nos amis félins, est une affection des voies respiratoires supérieures. Elle se caractérise par un écoulement nasal de couleur jaunâtre, indiquant l’infection, par des éternuements et des difficultés respiratoires dues à l’encombrement. Plutôt bénigne, celle-ci peut rapidement s’aggraver lorsqu’elle n’est pas traitée, atteignant alors les bronches et les poumons.

La myxomatose

Retrouvée exclusivement chez le lapin, la myxomatose est une infection virale, généralement transmise par piqûre d’insecte ou par une plaie cutanée et se caractérise alors par l’apparition de nodules sur le corps. Lorsque sa contamination se fait par voie aérienne, le lapin développe une forme respiratoire, caractérisée par un écoulement nasal purulent, un gonflement des paupières voire une inflammation des organes génitaux. Cette forme de contamination est la plus grave. Seul un vaccin permet donc de le prémunir contre cette maladie.

Comment prévenir les maladies respiratoires chez les rongeurs ?

Il faut savoir que les principales causes des infections respiratoires sont des conditions d’habitat inadéquates pour votre rongeur. En effet, les bactéries et virus qui en sont responsables se développent dans une litière mal nettoyée. Il convient donc de privilégier des copeaux naturels tels que des copeaux de chanvre et de changer de façon hebdomadaire la litière de votre compagnon. Les infections respiratoires sont également souvent liées à des changements brusques de températures, à de l’humidité ou à des courants d’air. Pour prévenir les coups de chaud, particulièrement dangereux chez les lapins et cobayes, ne laissez pas leur cage en plein soleil. Pensez également à lui fournir de l’eau à volonté ! Enfin, les situations stressantes telles qu’un déménagement ou une surpopulation de la cage favorisent l'apparition de problèmes respiratoires chez les rongeurs.

Comment savoir et que faire si votre rongeur est atteint ?

Des signes cliniques qui peuvent vous alerter

Quelle que soit la maladie respiratoire dont est atteint votre rongeur, ces dernières provoquent des symptômes bien souvent similaires, le principal étant des difficultés respiratoires (halètement, respiration bruyante) voire une pneumonie. Ces dernières sont alors souvent associées à une toux et des éternuements, un écoulement nasal ou de sang, une conjonctivite ou un gonflement des paupières, ou un écoulement de sang au niveau des yeux. Non traitées, les maladies respiratoires peuvent conduire à des abcès pulmonaires ou une septicémie, dont l’issue est fatale pour votre petit rongeur. Quel que soit le ou les symptômes développés par votre rongeur, il est donc primordial de consulter au plus vite votre vétérinaire afin d’établir un diagnostic précis de l’infection et de la traiter efficacement.

Le diagnostic et les soins vétérinaires

Dès lors qu’il constatera des difficultés respiratoires, le vétérinaire pourra mettre en place une oxygénothérapie pour améliorer la respiration de votre rongeur, avant de proposer d’autres examens plus poussés. Ainsi, face à des difficultés respiratoires, un abattement et une perte de poids chez votre animal, il pourra réaliser une radiographie, afin de diagnostiquer une probable pneumonie et visualiser les poumons de l’animal. L’utilisation de l’endoscopie, méthode de visualisation de l’appareil respiratoire profond et de prélèvement bactériologique, permettra d’identifier les bactéries responsables de la maladie et de poser le bon diagnostic. Le recours à un scanner sera préconisé lors de pathologies récidivantes. Une fois le foyer ciblé, il pourra être proposée une opération chirurgicale. Enfin, s’il ne trouve pas de bactérie responsable des difficultés respiratoires de votre compagnon, votre vétérinaire pourrait réaliser une échographie cardiaque.

Conclusion

Vous êtes désormais armé pour reconnaître et faire face aux infections respiratoires de votre rongeur. Retenez bien que le moindre signe indiquant des difficultés respiratoires doit vous alerter et vous conduire immédiatement chez votre vétérinaire. En attendant, prenez soin de lui en adoptant des conditions d'hygiène optimales pour le maintenir en bonne santé.